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Safari à ski en Colombie britannique, Canada, free rando et hors piste à gogo

casse-croute devant l'hélico au Kamtchatka

Genèse d’un séjour ski hors-piste au Canada

Nous étions en train de skier la face nord de Fogliettaz dans notre belle vallée de la haute tarentaise quand Carmen me confie son rêve de skier au Canada. À peine rentré à la maison, je commence à me renseigner sur le ski là-bas et je découvre l’existence de la Powder Highway qui relie une bonne vingtaine de stations de ski entre l’État de l’Alberta et l’État de la Colombie Britannique. Après quelques coups de fil à Raphaël Rougier « Rouf » un tignard qui a vécu à Nelson en Colombie Britannique pendant 5 ans et à Enak Gavaggio « Rancho » qui revenait juste d’un mois en camping-car à explorer les différentes stations le long de la Trans-Canada highway, je me frotte les mains, le projet prend rapidement forme !

Aujourd’hui, après plusieurs voyages effectués au Canada, voici un petit guide pratique sur cette destination magique ou neige de rêve rime avec pentes vierges.

Les stations de ski au Canada

Les stations canadiennes sont petites avec en moyenne moins d’une dizaine de remontées mécaniques. En général une ou deux pistes par remontée mécanique sont damées et les autres pistes sont balisées mais pas damées. Les forfaits sont plus chers que dans les Alpes mais moins chers qu’aux États-Unis. Les pistes sont classées par difficulté avec un système est un peu différent :
Piste verte – pistes faciles damées.
Piste bleu – pistes intermédiaires équivalentes à des bleues et rouges mais pas toujours damées.
Piste noire – l’équivalent des pistes noires jamais damées et rarement balisées.
Piste double noire – pistes extrêmes avec des passages en couloir et des pentes raides supérieurs à 40°.
Il fait très froid en Colombie Britannique et encore plus froid vers l’Est dans l’Alberta. Il fait souvent -35° à Kicking Horse par exemple.

À propos de la freerando en Colombie Britannique et Alberta

La Powder Highway donne accès à un terrain de jeu parfait quand on est prêt à s’échapper des sentiers battus en utilisant les peaux de phoque à partir du sommet des remontées mécaniques. Le pratique du « slackcountry ou sidecountry » appelé freerando chez nous, est parfaitement adapté au terrain rencontré au Canada du fait des distances assez réduite entre les remontées mécaniques et le sommet des montagnes. Pour ceux qui ne connaissent pas la free rando, c’est un mélange de freeride et de ski de rando à partir du sommet des remontées mécaniques favorisant plus le plaisir de la descente que l’effort de la montée.

Day Lodge, une particularité canadienne

Le matin il vaut mieux arriver tôt à la station surtout s’il vient de neiger. Une fois garé direction le « Day lodge » une sorte de maison d’accueil multifonction incluant vestiaire, toilette, restaurant, bar, salle hors sac. En arrivant les skieurs s’équipent à l’intérieur pour éviter de se geler pieds, mains et bout du nez et laissent leurs affaires toute la journée dans des casiers mis à disposition à cet effet. Beaucoup reviennent régulièrement à l’intérieur pour se réchauffer, prendre une boisson, manger un morceau au resto ou consommer son pique-nique ou juste se reposer.

Type de relief dans les rocheuses canadienne

La Powder Highway fait le tour de la zone sud des rocheuses canadiennes et plus précisément du massif de Monashee à l’ouest, de Purcell à l’Est et de Selkirk coincé entre les deux. Les Rocheuses canadiennes qui ont subi une forte érosion glaciaire ont des sommets assez pointus, de vastes cirques intermédiaires et des vallées en forme du U. Les télésièges permettent de remonter dans les vallées en U et d’atteindre les cuvettes boisées ou « bowl ». À 1800/2000m. d’altitude les bols perdent leur végétation et les pentes commencent à se redresser sérieusement. Par des cols on communique d’un bol à l’autre et parfois le relief permet de prendre pied sur des rampes qui accèdent aux sommets des montagnes.

Notions de piste et de hors-piste au Canada

Chaque domaine skiable est entièrement entouré de cordes « ski area boundary ». À l’intérieur du domaine skiable « inbound » il y aussi des cordes et des panneaux que les pisteurs installent pour signaler les obstacles comme les barres rocheuses et autres zones dangereuses. Très peu de pistes sont damées et beaucoup de secteurs sont laissés en jachère pour le plaisir des « powderhound » chasseurs de poudreuse.
Les pisteurs artificiers organisent le déclenchement préventif des avalanches dans le périmètre qui s’apparente au domaine skiable qu’il soit damé ou non. Une fois un secteur sécurisé, il est ouvert au public. Si on fait le parallèle avec la France, tout ce qui se trouve à l’intérieur du domaine skiable peut être considéré comme une piste (puisque sécurisé) et le hors-piste est à l’extérieur de la « ski area boundary » s’appelle au choix le « backcountry » ou le « wilderness ».

La pratique du ski de poudreuse sur la powder highway

Le ski de poudreuse est très populaire au Canada. Dès qu’il neige c’est la ruée vers l’or blanc. Tout le monde est équipé de ski large, mais on voit très peu de sac à dos… Pas de sac à dos, pas de matos de sécurité, bizarre non ? Oui et non, c’est la conséquence de la sécurisation du domaine skiable qui est intégrale dans le périmètre des cordes. Du coup les skieurs locaux de 7 à 87 ans font tous de la poudreuse jusqu’à ce que l’ensemble du domaine « inbound » devienne un immense champ de bosse de 2 mètres de haut, pas étonnant que les canadiens soient de très bons skieurs.

Le backcountry au Canada

Des « gates » portes sont installées sur les limites du domaine skiable. Même après une grosse chute de neige les portes sont ouvertes rapidement si tant est que le passage d’un ou plusieurs skieurs ne menace pas une zone à l’intérieur du domaine skiable… Il est strictement interdit de passer sous les cordes. Une fois franchi ces portes on entre dans le « backcountry » et on évolue sous sa propre responsabilité. On est libre comme on peut l’être en France et le terrain n’est pas sécurisé. Il est donc essentiel de porter sur soi le sacro-saint triptyque D.V.A. pelle sonde. Finalement en comparaison avec le monde qui fait de la poudreuse sur le domaine skiable sécurisé « in-bound » on pourrait s’attendre à ce qu’il y ait plus de monde dans le « backcountry » et on est étonné d’être presque seul… Il faut dire que pour en profiter il faut au minimum marcher un peu sur des itinéraires de « boot packing » ou avoir des skis de rando pour faire du « slackcountry » de la freerando et là il y a de quoi faire !

Mes stations préférées le long de la powder highway entre BC et AB

Les remontées mécaniques de Fernie Alpine Resort dans la chaîne du Lizard, offrent une bonne dénivelée de 1100m environ. Les quelques remontées mécaniques permettent d’accéder à 5 « bowls » principaux et avec les peaux de phoque il est facile de rejoindre Mongolian Ridge ou Snake Ridge à l’opposé de la station pour commencer à découvrir le backcountry que nous réserve cette station…

Préférée parmi les préférées, Whitewater Ski Resort est située à côté de la petite ville de Nelson dans la région de Kootenay. Avec seulement 4 remontées mécaniques le potentiel backcountry et freeride est énorme… Cette station me rappelle Sainte Foy. Si les conditions le permettent une rando au sommet du Ymir est un must, une balade sur la crête de White Princesse vaut le détour… Le plus de ce coin, l’atmosphère de la ville « hippie » est unique.

Red Mountain Resort situé à l’ouest de la région de Kootenay dans les montagnes Granite, Grey et Red, près de la ville de Rossland a aussi un caractère bien trempé. Les amateurs de pentes raides et de « powder pillows » ne seront pas déçus….

Plus au nord, il faut absolument aller skier à Revelstoke Mountain Resort. C’est la dernière-née des stations de Colombie-Britannique. C’est aussi la station de ski de tous les superlatifs avec 1700m. de dénivelée, plus de 10 mètres de neige en moyenne par hiver et la possibilité de faire de l’héliski, sans parler des pick-up garés en ville avec au minimum un énorme ski-doo dans la benne, bref il y a l’ambiance… Malgré tout, le backcountry est assez calme et vous ferez vos traces sans avoir à courir pour être le premier en allant balader vers Montana et Kokanee bowl voire jusqu’au sommet de Mont McKenzie.

Près de la frontière entre la Colombie-Britannique et l’Alberta, le Rogers Pass relie les villages de Revelstoke et Golden. Haut lieu du ski de rando au Canada, RP est situé au milieu du parc national des Glaciers. Une fois garé sur le parking le long de la Transcanadienne et avant de coller les peaux de phoque, il faut impérativement passer s’enregistrer à l’office du parc national pour obtenir un permis d’accès hivernal. Les rangers renseignent sur les secteurs ouverts à la pratique du ski et ceux fermés pour cause de déclenchement d’avalanche. La zone est constamment sous avalanche contrôle car la Highway 1 ou autoroute transcanadienne est un axe de circulation majeur entre l’Est et l’Ouest du pays et cette zone très avalancheuse nécessite des déclenchements quotidiens. Attention, cela ne veut pas dire que les itinéraires de ski de randonnée sont sécurisés.

Kiking Horses Mountain Resort est niché sur les hauteurs de la petite ville de Golden. Cette petite station en plein développement mérite d’être comptée parmi les meilleures stations de ski du Canada car il y a vraiment beaucoup de backcountry à découvrir en plus des 5 bowls à l’intérieur du domaine skiable. À mon avis, la longueur, la variété et le degré des pentes et des itinéraires à parcourir est supérieur à la moyenne…

Dans un décor différent de toutes les autres stations de la powder highway, Lake Louise dans le parc national de Banff est situé au cœur des rocheuses canadiennes. La station de ski bien parmi les plus grandes de la région avec Whistler et Fernie n’offre pas vraiment d’options excitantes en backcountry. C’est de l’autre côté de la vallée, devant le célèbre Lac Louise, au départ du parking de l’hôtel Château Fairmont que se trouve à mon goût le plus bel itinéraire de ski de rando du coin.

Hébergement le long de la Powder Highway

La plupart des stations de ski au Canada ne proposent pas d’hébergement au pied des pistes.
Le matin et le soir il faut prendre sa voiture ou le bus pour couvrir les quelques kilomètres de route de montagne qui permettent de rejoindre le pied des pistes depuis les petites villes au bord de l’autoroute de la poudreuse. Ces villes vivent principalement de l’exploitation forestière qui est l’activité historique de la région. Elles sont construites autour d’un petit centre historique et touristique ou les frontons des maisons et magasins confèrent une atmosphère far ouest bien typique et agréable. Chaque ville à sa brasserie local « brewery » ainsi que quelques restaurants et magasins de sports. En se rapprochant de la Transcanadienne on trouve de nombreux motel et restaurants de chaîne ainsi que les fameux « truck station » qui permettent aux chauffeurs routiers de se garer et de trouver tout ce dont ils ont besoin sans rentrer en ville…

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